Le monde de l’esport VALORANT connaît actuellement une vague de contestations, avec en première ligne Benjamin Rolle, PDG d’Acend Club, qui dénonce vivement le système mis en place par Riot Games. Après avoir investi pas moins de 700 000 euros sur deux ans dans des équipes VALORANT, Rolle n’hésite pas à qualifier le circuit compétitif VCT de « désastre ».
Au cœur de la polémique se trouve la structure même de la scène compétitive, particulièrement le niveau secondaire, que Rolle juge « brisé ». Selon lui, la situation s’est considérablement détériorée depuis l’instauration des ligues semi-fermées par Riot. Cette critique acerbe soulève des questions sur les priorités du développeur, avec Rolle suggérant que l’attention de Riot pourrait être exclusivement focalisée sur le tier 1, au détriment des échelons inférieurs.
L’histoire d’Acend Club illustre parfaitement les défis auxquels font face les organisations en dehors du cercle privilégié des ligues partenaires. Malgré un parcours héroïque en 2021 qui les a vus remporter le premier Championnat du monde, Acend n’a pas été retenu pour intégrer le système de franchise VCT. S’en sont suivies deux années de lutte acharnée pour tenter de gagner une place en VCT EMEA via les compétitions de tier 2, sans succès malgré des investissements colossaux dans des rosters compétitifs.
Le dirigeant d’Acend décrit cette période comme un « cauchemar », soulignant la brutalité d’un système où une multitude d’équipes se battent pour une unique place en ligue majeure. Cette situation a conduit à des sacrifices financiers importants pour de nombreuses structures, payant des salaires élevés dans l’espoir d’un retour sur investissement qui ne s’est jamais matérialisé pour beaucoup.
Au-delà des difficultés sportives, Rolle pointe du doigt les problèmes structurels du tier 2 européen, qu’il qualifie de « terre désolée » pour les équipes. Il dénonce notamment les retards de paiement chroniques des organisateurs de tournois, tant pour les prize money que pour les salaires du personnel de production des Challengers Leagues.
Cette situation met en lumière les limites du modèle économique actuel de l’esport VALORANT hors des ligues majeures. Sans accès aux revenus générés par les cosmétiques in-game ou aux subventions accordées aux équipes partenaires, les organisations de tier 2 peinent à justifier leurs investissements, confrontées à des perspectives de retour financier limitées, voire inexistantes.
La controverse autour du système VCT s’inscrit dans un débat plus large sur la gestion des écosystèmes esportifs par Riot Games. De nombreux acteurs du milieu, qu’il s’agisse de joueurs, de dirigeants comme Rolle, ou de créateurs de contenu, appellent le développeur à revoir sa copie pour assurer la pérennité et l’équité de la scène compétitive VALORANT dans son ensemble.
Alors que Riot Games semble poursuivre ses propres objectifs pour ses propriétés esportives, parfois en décalage avec les attentes des équipes et des fans, la question de l’avenir du tier 2 et de son intégration harmonieuse dans l’écosystème global reste plus que jamais d’actualité. L’industrie de l’esport attend désormais des réponses et des ajustements de la part de Riot pour garantir un environnement compétitif sain et durable à tous les niveaux.

